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Créatures fantastiques des Ardennes : Nutons, Karnabo, lumérettes et autres légendes oubliées

Photo du rédacteur: Benoît J. CARON
Benoît J. CARON
il y a 4 jours
22 min de lecture

Des Nutons aux loups-garous, du Karnabo aux lumérettes, l'Ardenne possède un bestiaire fantastique dont la richesse surprend encore. Certaines de ces créatures furent décrites avec une précision remarquable par les folkloristes du XIXe siècle, qui prirent soin de recueillir les histoires, les croyances et les superstitions de leurs contemporains. Il faut dire que les Ardennais ne manquaient pas d'imagination lorsqu'il s'agissait de peupler leurs forêts.


L'Ardenne et ses étranges habitants


En 1890, Albert Meyrac publiait un imposant recueil consacré aux traditions, coutumes, légendes et contes des Ardennes. On y découvre une population assez extraordinaire, dont les membres avaient manifestement trouvé le moyen de se partager le territoire sans trop se marcher sur les pieds. Les Nutons occupaient les grottes, le Karnabo affectionnait les ardoisières, tandis que d'autres créatures préféraient les marais, les rivières ou les profondeurs de la forêt. Les relations avec les humains étaient variables. Certains rendaient service, à condition d'être convenablement rémunérés ; d'autres cherchaient à noyer les voyageurs, à les dévorer ou simplement à leur jouer de mauvais tours. Il existait même des êtres dont on ne savait trop s'ils étaient bienveillants ou malfaisants, ce qui devait compliquer singulièrement les rapports de voisinage.


L'ouvrage de Meyrac, publié à Charleville par l'imprimerie du Petit Ardennais, comporte près de six cents pages. L'auteur, journaliste de profession, s'était intéressé aux traditions d'un territoire dont il avait entrepris de recueillir les récits populaires avec le concours de nombreux correspondants. Les légendes y côtoient les chansons, les superstitions, les coutumes, les pratiques de guérison et une quantité d'histoires dont certaines avaient probablement déjà plusieurs générations derrière elles. C'est l'une des particularités de ce travail : Meyrac ne cherche pas uniquement les grands récits héroïques, il s'intéresse aussi à ce que les habitants racontent au cours de leur existence ordinaire, ces petites histoires qu'on ne songe généralement pas à écrire parce qu'on les croit connues de tous.


Il n'était d'ailleurs pas seul à s'intéresser à ces traditions. En 1914, Théodule Delogne publiait à Bruxelles L'Ardenne méridionale belge, une étude remarquable consacrée aux habitants des villages de la Semois, à leurs conditions de vie, à leurs croyances et à leurs souvenirs. Delogne était médecin, ce qui explique en partie sa manière d'aborder les témoignages. Il connaissait personnellement nombre de ses informateurs, relevait leurs âges, identifiait les lieux et cherchait à comparer les récits. Ses descriptions du merveilleux côtoient ainsi des renseignements sur les cultures agricoles, les salaires, la médecine populaire, les routes ou les habitudes alimentaires. Le résultat est passionnant, car les créatures légendaires apparaissent dans leur environnement humain, avec les préoccupations très concrètes de ceux qui croyaient à leur existence.


Ces deux ouvrages permettent de mesurer l'importance du merveilleux dans la culture ardennaise à la fin du XIXe siècle. Il faut toutefois éviter une confusion assez fréquente : une légende recueillie en 1890 ne constitue pas, par elle-même, une preuve de son existence au temps de Charlemagne, ni même au Moyen Âge. Les traditions orales sont mouvantes, et leur ancienneté réelle est souvent difficile à établir. Certaines empruntent à des croyances européennes très anciennes, d'autres ont été transformées par le christianisme, les récits littéraires ou les événements locaux. Quelques-unes peuvent même être relativement récentes. Le folklore possède sa propre histoire et ne gagne rien à ce qu'on lui invente des origines.


Il n'en demeure pas moins que ces récits constituent un patrimoine remarquable, particulièrement lorsqu'on prend la peine de les replacer dans leur géographie. Car l'Ardenne n'est pas seulement une forêt. C'est aussi un ensemble de vallées, de plateaux, de carrières, de villages et de cours d'eau dont les caractéristiques ont largement contribué à façonner les croyances. Le merveilleux s'y installe volontiers dans les endroits difficiles d'accès, mais il fréquente aussi les habitations, les chemins et les exploitations agricoles.


Commençons donc par ceux qui, parmi tous ces habitants singuliers, paraissent avoir entretenu les relations les plus régulières avec les hommes.


Les Nutons, ou les avantages d'un voisinage discret


Les Nutons sont sans doute les représentants les plus familiers du Petit Peuple ardennais. Ils appartiennent à cette grande famille d'êtres de petite taille que l'on retrouve, sous différentes appellations, dans une bonne partie de l'Europe. Les traditions leur attribuent généralement une prédilection pour les grottes, les cavités rocheuses et les lieux souterrains, ainsi qu'une remarquable habileté manuelle.


Delogne rapporte notamment une croyance recueillie à Frahan, dans la vallée de la Semois. Au lieu-dit le trou Perpète, les habitants déposaient autrefois leurs outils endommagés devant l'entrée d'une grotte. Le lendemain matin, ils les retrouvaient réparés et pouvaient reprendre leur travail. Les Nutons recevaient en échange une rémunération en argent ou en nature. L'arrangement paraît avoir donné satisfaction aux deux parties, puisque la tradition en avait conservé le souvenir.


On rencontre ailleurs des histoires semblables concernant les chaussures, les objets usuels ou certains travaux agricoles. Les Nutons savent fabriquer, réparer et parfois enrichir ceux qui les respectent. Encore faut-il observer les usages, car leur bienveillance ne semble jamais acquise définitivement. Il convient de payer convenablement leurs services, d'éviter les moqueries et de ne pas manifester une curiosité excessive à leur égard. Les relations commerciales avec le Petit Peuple exigeaient apparemment davantage de diplomatie que celles entretenues avec les artisans ordinaires.


Ces récits révèlent un aspect intéressant de la vie rurale. Les outils représentaient un bien précieux, leur entretien était indispensable et les compétences techniques possédaient une importance considérable. Qu'un être surnaturel puisse réparer pendant la nuit ce qui paraissait inutilisable le soir précédent avait de quoi séduire. Le caractère invisible du travail ajoutait encore au mystère. Il n'est pas nécessaire d'y voir une allégorie consciente de l'artisanat ; la proximité entre ces croyances et les préoccupations matérielles des habitants mérite néanmoins d'être relevée.


Le trou Perpète possède d'ailleurs une existence géographique bien réelle. Delogne en décrit l'ouverture, les galeries et les explorations entreprises au XIXe siècle. Une chandelle bénite aurait notamment accompagné les premiers visiteurs, précaution qui devait paraître raisonnable lorsqu'on s'apprêtait à pénétrer dans une cavité dont les occupants avaient une réputation aussi incertaine.


Les Nutons ne sont pas les seuls êtres à fréquenter ces profondeurs. Les fées leur tiennent parfois compagnie dans les traditions locales, notamment autour des rochers et des anciens sites fortifiés. Delogne rapporte ainsi qu'au château de Montragut, près de Frahan, des fées auraient autrefois habité les ruines et seraient venues s'ébattre pendant la nuit. Un homme y aurait trouvé une clef qui, une fois rapportée chez lui, se serait mise à remuer sans cesse en produisant un bruit insupportable. Il aurait finalement préféré la replacer à l'endroit de sa découverte.


L'histoire offre au passage un conseil de prudence qui conserve toute sa valeur : lorsqu'on trouve un objet inconnu dans les ruines d'un vieux château, il n'est peut-être pas indispensable de l'emporter.


Les fées ardennaises possèdent cependant des habitudes souvent plus familières que celles des grandes souveraines féeriques de la littérature médiévale. Certaines participent aux travaux agricoles, d'autres possèdent du bétail ou entretiennent des relations assez régulières avec les villageois. Dans une tradition recueillie à Dohan, une petite fée s'affaire dans une exploitation et contribue à la prospérité de ses habitants. Une remarque désobligeante de la fermière suffit pourtant à provoquer sa colère ; la créature annonce qu'elle reprendra, gerbe après gerbe, ce qu'elle avait donné épi par épi. La ruine ne tarde pas à suivre.


On comprend que les anciens aient préféré éviter les conflits avec leurs voisines surnaturelles.


Le Karnabo et le Mahwot : deux monstres pour un même territoire


Si les Nutons peuvent se montrer serviables, les habitants de la Basse-Meuse avaient également connaissance de créatures dont la fréquentation paraît beaucoup moins recommandable. Albert Meyrac rapporte notamment la légende du Mahwot, qu'il tenait d'une habitante de la région, la veuve Bébert-Hiaya, laquelle lui avait raconté l'histoire en wallon.


Le Mahwot est un animal amphibie, gros comme un veau et présentant l'apparence d'un lézard. Il habiterait les profondeurs de la Meuse et serait capable de se déplacer sous les eaux depuis Revin jusqu'à Liège. Ses apparitions à la surface seraient exceptionnelles et annonceraient des événements particulièrement funestes : guerres, épidémies, désolations et autres calamités.


Meyrac rapporte que certaines personnes affirmaient avoir aperçu la créature en 1870, notamment à Revin et à Givet. L'année n'est pas anodine, puisqu'elle correspond à la guerre franco-prussienne. Il serait imprudent d'établir une relation causale entre cette période troublée et la naissance de la légende, mais l'association d'une apparition monstrueuse avec l'annonce d'un malheur collectif se retrouve dans de nombreuses traditions européennes.


Le Mahwot possédait également une utilité domestique. Les mères pouvaient menacer leurs enfants désobéissants de les livrer à la créature, avec des résultats que Meyrac jugeait apparemment satisfaisants. Le monstre faisait ainsi office de moyen de persuasion dans les familles, bien avant les débats contemporains sur l'éducation positive.


Sur le plateau de Rocroi, particulièrement dans les environs de Regniowez, la tradition connaissait un être apparenté auquel elle donnait le nom de Karnabo. Meyrac précise lui-même ce rapprochement, tout en décrivant une créature assez différente de celle de la Meuse. Le Karnabo posséderait un visage presque humain, des yeux de basilic et un nez en forme de trompe. Il vivrait dans une ardoisière abandonnée, d'où s'échapperait un sifflement capable de paralyser ou d'asphyxier les imprudents, voire de provoquer la mort des animaux passant à proximité.


La légende lui attribue une naissance peu commune : il serait issu de l'union d'un sorcier itinérant et d'une goule. Meyrac rapporte cette origine dans les termes propres aux représentations de son époque, notamment celles qui associaient volontiers les étrangers aux pratiques magiques. Ces détails appartiennent à l'histoire des mentalités et doivent être lus avec le recul nécessaire.


Le plus étonnant reste que le Karnabo, malgré ses dispositions meurtrières, aurait possédé certains talents de guérisseur. Il était notamment capable, disait-on, de soigner les panaris le Vendredi saint, à l'aide d'incantations. Ce don paraît assez curieux chez un être dont le simple sifflement pouvait tuer du bétail, mais les créatures légendaires ne se sont jamais beaucoup préoccupées de cohérence médicale.


La suite du récit est plus sombre. Une jeune fille, ayant osé approcher son antre, aurait été entraînée dans les profondeurs de l'ardoisière sans jamais reparaître. L'entrée aurait ensuite été murée, mais les habitants prétendaient encore entendre les gémissements de la malheureuse et les bruits terrifiants de la créature pendant les orages.


Ce qui me frappe, dans cette histoire, est la précision de son environnement. Le Karnabo n'habite pas quelque royaume lointain ou une forêt imaginaire ; il occupe une ardoisière du plateau de Rocroi, dans une région où l'exploitation de la pierre et les cavités souterraines font partie du paysage. Les mines abandonnées, les galeries obscures et les accidents qu'elles pouvaient provoquer constituent autant d'éléments susceptibles de nourrir les peurs locales.


Il serait séduisant de considérer le Karnabo comme une personnification des dangers souterrains, mais aucun des témoignages cités ne permet d'en faire une explication définitive. Ce serait d'ailleurs réduire singulièrement un personnage auquel plusieurs générations de conteurs ont attribué une histoire, des pouvoirs et une personnalité. Les légendes ont rarement une origine unique, et celles qui nous paraissent les plus simples sont parfois le résultat de transformations successives dont nous avons perdu la trace.


Le Mahwot et le Karnabo illustrent néanmoins parfaitement cette capacité du folklore à adapter les êtres merveilleux aux particularités de chaque territoire. Une créature des eaux devient, sur un plateau voisin, un monstre des profondeurs minérales. Ses caractéristiques changent, son nom également, mais certains motifs demeurent.


Les lumérettes et les autres habitants des eaux


Dans les récits ardennais, les rivières et les marais constituent des lieux de prédilection pour les manifestations surnaturelles. Les dangers qu'ils représentaient étaient bien réels, particulièrement à une époque où les déplacements nocturnes s'effectuaient à pied ou à cheval, sur des chemins parfois difficiles à distinguer dans l'obscurité.


Les lumérettes, ou lumerettes selon la graphie employée par Delogne, appartiennent à cette famille d'esprits malfaisants. Elles se présentent sous la forme de petites lumières, semblables à des feux follets, qui dansent devant les voyageurs attardés et cherchent à les attirer vers les marais, les rivières ou les précipices. Celui qui les suit risque de finir noyé, ce qui rend leur apparence lumineuse particulièrement trompeuse.


Les traditions recueillies par Delogne les associent parfois au diable ou aux âmes d'enfants morts sans baptême. On retrouve ici l'influence du christianisme sur des représentations populaires dont les origines peuvent être plus anciennes, sans que nous puissions toujours déterminer lesquelles. Les récits donnent également des conseils pratiques pour éviter les lumérettes. Certains recommandent de se cacher immédiatement, d'autres de réciter des prières. Une méthode consistait à s'envelopper entièrement dans un sac afin de ne pas être aperçu par les petites flammes. L'efficacité du procédé n'a naturellement jamais fait l'objet d'une expérimentation rigoureuse.


À Bohan, Delogne rapporte l'histoire de jeunes filles qui, se rendant à une veillée, aperçurent un feu follet et entreprirent de s'en moquer. L'esprit, manifestement dépourvu d'humour, se lança à leur poursuite et vint heurter les vitres de la maison dans laquelle elles s'étaient réfugiées. Une autre tradition raconte que des voyageurs durent attendre le lever du jour avant de reprendre leur route, les lumérettes revenant sans cesse les importuner.


Anatole France lui-même s'intéressa à ces créatures dans son étude consacrée au livre de Meyrac, reprise dans La Vie littéraire. Il évoquait les lumérettes et les annequins qui entraînaient les voyageurs égarés vers les eaux dangereuses. Que l'auteur de Thaïs et de L'Île des pingouins se soit penché sur ces histoires ardennaises montre assez l'intérêt littéraire que pouvaient présenter les traditions populaires, même aux yeux d'écrivains dont l'univers semblait fort éloigné de nos forêts.


Il faut également mentionner les Pie-Pie-Van-Van, dont le souvenir demeure associé à la vallée de la Meuse, notamment autour de Revin. Ces êtres malveillants appartiennent au folklore des eaux et cherchent, eux aussi, à attirer les imprudents vers leur perte. Leur nom possède plusieurs variantes phonétiques, ce qui n'a rien de surprenant pour une tradition longtemps transmise oralement. La ville de Revin leur consacre encore une place parmi les légendes de son territoire.


D'autres personnages apparaissent dans les recueils. Le Pépé-Crotchet, par exemple, habitait les puits et les eaux profondes. On le représentait muni d'un crochet dont il se servait pour saisir les enfants trop curieux qui se penchaient au-dessus des margelles. Il était donc particulièrement utile aux parents soucieux d'éviter les accidents. Quant aux Grimons de Saint-Remy, évoqués par Delogne près de Muno, ils se dissimulaient dans les herbes aquatiques et distribuaient de vigoureux soufflets aux passants dont le visage leur déplaisait. Leurs victimes conservaient parfois des marques pendant plusieurs jours.


Ces créatures n'ont pas toutes la même origine et il serait abusif de les ranger dans une catégorie mythologique parfaitement homogène. Elles partagent cependant certains caractères, notamment leur association aux lieux dangereux et leur faculté de détourner les humains de leurs activités ordinaires.


Le feu follet fournit un exemple particulièrement intéressant de cette rencontre entre observation et croyance. Des phénomènes lumineux peuvent effectivement se produire dans certains milieux naturels, et plusieurs explications physiques ou chimiques ont été proposées pour les comprendre. Mais l'observation d'une lumière inhabituelle ne suffit pas à expliquer toutes les histoires qui se sont développées autour d'elle. Les conteurs ont prêté à ces phénomènes des intentions, des caractères et des comportements, jusqu'à en faire de véritables personnages.


C'est ainsi qu'un voyageur pouvait rencontrer un danger à l'endroit même où il croyait trouver son chemin.


Le Verbouc et les autres fréquentations du diable


Le diable occupe une place considérable dans le folklore ardennais, mais il n'y tient pas toujours le rôle auquel on pourrait s'attendre. Redoutable lorsqu'il apparaît sous la forme d'un animal monstrueux ou lorsqu'il conclut un pacte avec un imprudent, il se montre parfois étonnamment facile à tromper. Les conteurs populaires semblent avoir éprouvé un plaisir particulier à le ridiculiser, sans doute parce que l'occasion de se moquer impunément d'une puissance infernale ne se présentait pas tous les jours.


Le Verbouc en fournit un excellent exemple.


Théodule Delogne consacre à cette créature un développement dans lequel il discute notamment son nom et ses origines possibles. Il emploie la forme werbouc, dont il propose de rapprocher le premier élément du germanique désignant l'homme, comme dans Werwolf, le loup-garou. Le Verbouc serait ainsi un homme-bouc plutôt qu'un bouc vert, explication qui lui paraît préférable à une interprétation populaire du nom. Ses rapprochements avec les satyres, les faunes et les démons caprins des traditions religieuses sont intéressants, mais ils relèvent de l'analyse comparée proposée par l'auteur ; ils ne démontrent pas une filiation historique directe entre toutes ces figures.


Dans un conte rapporté par Delogne, une femme mécontente de son mari souhaite que leur récolte d'avoine appartienne au diable. Celui-ci, toujours attentif aux occasions favorables, prend la formule au pied de la lettre et vient réclamer ce qu'il considère désormais comme son bien.


Après quelques discussions, le paysan et le démon conviennent d'une épreuve. Chacun devra présenter une créature dont l'autre devra deviner le nom. Le diable arrive accompagné d'un animal étrange, mais le paysan, qui l'a observé de loin, l'a entendu l'appeler Verbouc. Il peut donc répondre sans difficulté. De son côté, son épouse s'est enduite de miel avant de se rouler dans des plumes. Le diable examine longuement cette apparition sans parvenir à l'identifier.


L'affaire est assez savoureuse. Le démon perd sa récolte, sa réputation et probablement une partie de sa confiance dans les capacités humaines. Il faut reconnaître que le couple avait préparé son coup avec un certain talent.


Le Verbouc intervient ici comme une créature au service du diable, sans être nécessairement le personnage principal du récit. Delogne rapporte par ailleurs diverses croyances relatives aux boucs infernaux, aux esprits des forêts et aux êtres démoniaques. Il faut donc éviter de confondre automatiquement toutes ces manifestations, même si elles appartiennent à un ensemble de représentations assez voisin.


Les loups-garous occupent également une place importante dans les traditions régionales. Delogne situe notamment certains de leurs rassemblements dans les bois proches d'Alle et rapporte l'histoire d'un homme qui, ayant négligé de souhaiter la bonne année à son père, se serait trouvé confronté à une bande de loups-garous. Les créatures lui interdirent de poursuivre sa route jusqu'à ce qu'il revienne accomplir son devoir familial.


L'épisode est intéressant parce que les monstres remplissent ici une fonction morale assez précise. Ils punissent un manquement aux usages plutôt qu'une faute grave et leur intervention restaure un ordre social considéré comme légitime par les conteurs. Le respect dû aux parents trouvait ainsi un renfort inattendu dans la faune surnaturelle.


Le Chasseur sauvage et les chasses fantastiques appartiennent à une autre catégorie. Delogne rapporte plusieurs témoignages évoquant des aboiements, des cris de chasse, des cors et des passages de petits chiens, parfois invisibles, qui traversaient les villages pendant la nuit. Les habitants reconnaissaient ces manifestations sans toujours en distinguer les cavaliers ou les chasseurs. À Laforêt, des femmes occupées à assister un accouchement auraient entendu passer une chasse fantastique, avec un vacarme suffisant pour les inquiéter. Elles prirent soin de fermer la maison et de prier, mais découvrirent le lendemain que la jeune mère avait tout entendu.


Ces histoires appartiennent à une vaste tradition européenne des chasses surnaturelles, dont les formes varient selon les régions. Leur présence en Ardenne est particulièrement bien attestée dans les collectes anciennes, sans que cela permette d'en déduire une origine locale unique.


La forêt accueille ainsi une population dont les préoccupations semblent étonnamment proches de celles des humains : certains travaillent, d'autres chassent, quelques-uns se vengent, tandis que le diable s'efforce de conclure des marchés avantageux avec des paysans qui ne sont pas toujours disposés à se laisser faire.


Le Burdinal, Marie de Salm et la justice des chevaliers


Parmi les figures fantastiques associées à l'Ardenne, le Burdinal mérite une attention particulière, car il appartient davantage au domaine de la légende chevaleresque qu'à celui du Petit Peuple.


Dans Contes et légendes de Wallonie, publié en 1962, Max Defleur rapporte l'histoire de Berthe de La Roche, dans laquelle apparaît un mystérieux chevalier noir. Le récit nous transporte dans un univers de tournois, de serments et de rivalités amoureuses, dont les personnages semblent tout droit sortis d'un roman courtois.


La tradition du Burdinal y est présentée comme ancienne et largement répandue en Hesbaye, en Condroz et en Ardenne. Lorsqu'un tournoi était remporté par un chevalier indigne ou coupable de félonie, un mystérieux combattant revêtu d'une armure sombre pouvait surgir, défier le vainqueur et le renverser. Il conservait toujours la visière baissée et disparaissait après avoir puni son adversaire. On découvrait ensuite que son intervention avait empêché une injustice ou révélé une faute.


Le Burdinal représentait ainsi une forme de justice supérieure, indépendante du résultat des combats et de l'appréciation des spectateurs. La victoire d'un chevalier ne constituait pas nécessairement la preuve de son honneur.


Mais le récit de Defleur réserve une surprise.


Waléran, fiancé à Marie de Salm, s'éprend de Berthe de La Roche et abandonne progressivement celle à laquelle il avait promis le mariage. Un tournoi doit permettre de désigner l'époux de Berthe. Waléran y participe et se trouve finalement vaincu par un chevalier inconnu, entièrement vêtu de noir. Les participants évoquent aussitôt le Burdinal, dont l'apparition pourrait expliquer cette défaite.


La suite révèle pourtant une vérité autrement tragique. Sous l'armure noire se cache Marie de Salm elle-même, qui, poussée par la jalousie et le désir de vengeance, a conclu un pacte avec le diable. Elle ne se contente pas de vaincre celui qui l'a trahie : elle assassine sa rivale avant de disparaître dans l'abîme.


Le rapprochement avec le Burdinal prend alors une dimension particulièrement troublante. Les témoins croyaient reconnaître l'intervention d'une justice surnaturelle, alors que l'histoire leur révèle une vengeance personnelle dont les conséquences sont effroyables.


Il faut cependant conserver une précaution historique. L'ouvrage de Max Defleur constitue une version littéraire publiée au XXe siècle, et son affirmation selon laquelle la tradition du Burdinal remonterait à plusieurs siècles ne suffit pas à établir l'ancienneté précise du personnage. Les récits de tournois, de chevaliers masqués et de justiciers mystérieux appartiennent à une littérature qui s'est développée et transformée au cours du Moyen Âge et bien au-delà.


Le Burdinal possède néanmoins une caractéristique qui le distingue de la plupart des créatures évoquées jusqu'ici. Son apparition pose une question morale plutôt que simplement surnaturelle : un homme peut-il être déclaré vainqueur et demeurer indigne de sa victoire ?


Le récit de Marie de Salm ajoute une difficulté supplémentaire, qui me paraît plus intéressante encore : celui qui prétend réparer une injustice peut-il lui-même en commettre une plus grande ?


Nous sommes déjà fort loin des petits artisans du trou Perpète.


Meyrac, Anatole France et Pierre Dubois : ceux qui ont recueilli ou réinventé le merveilleux


Nous ne connaîtrions probablement qu'une partie de ces histoires sans le travail accompli par les folkloristes, les érudits et les écrivains qui se sont intéressés aux traditions populaires à partir du XIXe siècle.


Albert Meyrac occupe une place importante dans cette entreprise. Son recueil de 1890 ne se limitait pas aux êtres fantastiques ; il embrassait l'ensemble des coutumes ardennaises, des récits locaux aux chansons populaires. L'auteur avait conscience que certaines traditions étaient en train de disparaître ou de se transformer. Il cherchait à en conserver des témoignages avant qu'elles ne soient oubliées.


Son travail suscita l'intérêt d'Anatole France, qui lui consacra une étude dans le quatrième volume de La Vie littéraire, paru en 1892. Le critique s'attardait sur les légendes, les pratiques magiques et les êtres fabuleux recueillis par Meyrac. Il évoquait notamment le Mahwot et les lumérettes, mais aussi les fées ardennaises dont les occupations ressemblaient étrangement à celles des paysannes : elles filaient, préparaient la galette ou lavaient leur linge au bord des rivières.


Anatole France observait également les difficultés inhérentes à la collecte des traditions. Entre le témoin, l'intermédiaire qui recueille l'histoire et l'écrivain qui la publie, le récit peut être modifié, simplifié ou embelli. Les folkloristes du XIXe siècle ne disposaient pas toujours des méthodes d'enregistrement et de confrontation documentaire développées par la suite. Cette limite ne retire rien à l'intérêt de leurs travaux, mais elle doit nous inciter à distinguer les témoignages de leurs interprétations.


Paul Sébillot, dont Le Folk-lore de France demeure une référence majeure, contribua lui aussi à cette entreprise en rapprochant les croyances recueillies dans différentes régions. Ses travaux montrent combien les motifs surnaturels circulent, se combinent et se modifient. Un esprit des eaux peut porter plusieurs noms ; une créature propre à une vallée peut ressembler à une autre décrite à plusieurs centaines de kilomètres. Les frontières administratives ont toujours été assez mal respectées par les fées et leurs semblables.


Puis le XXe siècle vit apparaître un personnage qui allait contribuer, d'une tout autre manière, à la redécouverte du Petit Peuple.


Pierre Dubois est né à Charleville en 1945. Écrivain, conteur, scénariste et passionné de merveilleux, il s'est fait connaître sous le titre d'« elficologue », une spécialité dont l'intitulé ne figure probablement pas dans beaucoup d'annuaires universitaires. Le terme possède une dimension volontairement malicieuse, mais il accompagne une œuvre considérable consacrée aux fées, aux elfes, aux lutins et aux traditions fantastiques européennes.


Dans un entretien accordé au Monde en 2003, Pierre Dubois évoquait l'influence de sa naissance ardennaise sur son imaginaire. Il retrouvait dans la forêt une présence particulière, presque une familiarité avec les êtres invisibles dont les récits avaient accompagné son enfance. Dans un autre entretien, réalisé par Richard Ely, il se souvenait notamment des histoires des Quatre Fils Aymon et des Dames de Meuse, entendues dans son entourage familial.


Son travail prit véritablement une dimension nouvelle avec La Grande Encyclopédie des lutins, publiée chez Hoëbeke en 1992, suivie de La Grande Encyclopédie des fées en 1996 et de La Grande Encyclopédie des elfes en 2003. Réalisés avec les illustrations de Claudine et Roland Sabatier, ces ouvrages ont contribué à faire connaître un univers dont les représentations étaient jusque-là largement dispersées dans les recueils folkloriques, les contes et la littérature ancienne.


Pierre Dubois ne se présente pas simplement comme un collecteur de traditions. Il les raconte, les interprète, les rapproche et leur donne une existence littéraire nouvelle. Son œuvre comporte une part de création personnelle qu'il serait absurde de lui reprocher, puisqu'elle participe précisément à sa démarche d'écrivain. Les encyclopédies du Petit Peuple ne constituent pas des inventaires scientifiques au sens strict, mais elles ont joué un rôle considérable dans la diffusion du merveilleux auprès du public francophone.


Il est intéressant de constater que ces différentes approches se complètent. Meyrac et Delogne cherchaient à préserver des récits qu'ils estimaient menacés. Sébillot s'efforçait d'en comprendre les correspondances. Pierre Dubois leur a donné une nouvelle visibilité, en empruntant les moyens de la littérature et de l'illustration.


Le Petit Peuple a ainsi quitté les veillées et les recueils spécialisés pour retrouver une place dans les bibliothèques, les bandes dessinées et l'imaginaire contemporain.


À Bastogne, le Musée de la Grande Ardenne consacre aujourd'hui une exposition permanente, La Maison des Légendes, à ce patrimoine. On y retrouve les Nutons, les fées, les loups-garous et le Chasseur sauvage, dans une présentation qui replace leurs histoires au sein de la culture régionale. Cette démarche illustre l'intérêt que conservent les croyances anciennes, indépendamment de la question de leur réalité matérielle.


Il y a d'ailleurs quelque chose d'assez amusant à voir les Nutons, traditionnellement si discrets, exposés désormais au regard des visiteurs. Je me demande ce qu'ils en penseraient.


De l'Ardenne légendaire à la fantasy contemporaine


La littérature fantastique et la fantasy puisent depuis longtemps dans les mythes, les légendes et les traditions populaires. Les grandes œuvres du genre ont largement contribué à transformer notre manière de représenter les créatures merveilleuses, au point que certaines images contemporaines ont fini par remplacer presque complètement celles des traditions anciennes.


Prenons les Elfes. Ceux de Tolkien appartiennent à une construction littéraire d'une immense richesse, nourrie de philologie, de mythologie et de traditions européennes, mais ils ne correspondent pas exactement aux elfes des croyances populaires dont l'écrivain s'est inspiré. La même remarque pourrait être faite à propos des Nains, des Gobelins et de nombreuses autres créatures. Tolkien n'a pas simplement reproduit les légendes qu'il connaissait ; il les a intégrées à une mythologie nouvelle, organisée selon ses propres principes.


L'exemple mérite d'être rappelé, car il existe parfois une tendance à rechercher une fidélité absolue aux traditions d'origine, comme si celles-ci possédaient une forme définitive qu'il serait interdit de modifier. Or les légendes populaires elles-mêmes ont constamment évolué. Les conteurs les adaptaient à leur public, à leur époque et à leurs préoccupations. Les noms changeaient, les personnages se déplaçaient et les épisodes empruntaient à d'autres récits.


Cette liberté ne dispense évidemment pas de connaître les sources. On peut transformer un personnage légendaire, mais il convient de ne pas présenter ensuite cette transformation comme une tradition authentique. La différence entre la recherche documentaire et la création littéraire me paraît essentielle, et les deux démarches gagnent à être pratiquées avec autant de sérieux.


C'est notamment ce qui m'a conduit à m'intéresser à la matière de Maugis d'Aigremont et aux légendes de l'Ardenne lorsque j'ai entrepris l'écriture du Cycle de Maugis.


Les récits médiévaux de Maugis appartiennent à une tradition épique qui entretient des liens étroits avec les Quatre Fils Aymon. Le personnage de l'enchanteur y côtoie Oriande, Bayard et d'autres figures merveilleuses, dont l'histoire a connu plusieurs remaniements au cours des siècles. L'ensemble possède une richesse narrative remarquable, mais il ne correspond naturellement pas à une description historique de l'époque de Charlemagne. Les chansons de geste ont été composées bien après les événements auxquels elles prétendent se rapporter et reflètent en grande partie les conceptions de leur propre temps.


J'ai choisi de replacer cette matière légendaire dans le contexte historique de la fin du VIIIe siècle, en lui associant le merveilleux ardennais et les grands bouleversements du monde carolingien. Cette reconstruction suppose une importante liberté romanesque, tant dans le traitement des personnages que dans celui des événements surnaturels. En revanche, j'essaie de conserver une distinction entre les éléments historiquement attestés et ceux qui relèvent de mon univers fictionnel.


C'est ainsi que les Nutons, les Karnabos, les Verboucs, les Pie-Pie-Van-Van ou les lumérettes ont trouvé leur place dans les forêts du Cycle. Ils ne correspondent pas toujours exactement aux descriptions des folkloristes, parce que leur rôle dans le récit obéit également aux règles propres à cet univers.


Dans Les Chaînes d'Argent, par exemple, les lumérettes prennent l'apparence de séduisantes jeunes femmes dont les chants attirent les hommes vers une mort particulièrement désagréable. Cette représentation constitue une réinterprétation littéraire des esprits lumineux des traditions ardennaises. Le danger de l'eau et de la fascination demeure, mais la créature possède désormais une forme et un comportement adaptés au récit.


Le Burdinal occupe également une place particulière dans le Cycle, notamment à travers Marie de Salm. J'ai conservé le souvenir du chevalier noir et de son rapport à la justice, tout en donnant à Marie une histoire différente de celle que raconte Max Defleur. La transformation m'intéressait d'autant plus que la légende originale comporte déjà une ambiguïté morale considérable entre justice, trahison et vengeance.


Quant à Oriande, dont les origines appartiennent à la matière littéraire de Maugis, elle est devenue l'un des personnages majeurs de cet univers. Sa nature féerique, sa connaissance du monde et ses rapports avec les autres personnages permettent d'explorer des questions qui dépassent largement le rôle traditionnel de protectrice ou d'initiatrice du héros.


Il reste une différence fondamentale entre l'invention romanesque et la tradition populaire. Cette dernière nous renseigne, même imparfaitement, sur les représentations d'une société à un moment donné de son histoire. La fantasy contemporaine reprend parfois ces représentations pour leur donner un autre sens, dans un monde dont l'auteur définit lui-même les règles. Les deux peuvent dialoguer sans se confondre.


Et, à bien y réfléchir, je trouve assez réjouissant que des créatures recueillies par Meyrac dans les villages ardennais puissent aujourd'hui participer à des aventures dont les enjeux dépassent largement les frontières de leur territoire d'origine.


Une mémoire qui mérite encore d'être explorée


Nous sommes loin d'avoir épuisé le patrimoine fantastique des Ardennes. Les recueils de Meyrac et de Delogne contiennent encore quantité de récits qui mériteraient d'être étudiés individuellement, particulièrement lorsqu'ils sont associés à des lieux dont l'histoire peut être confrontée aux archives ou aux traditions conservées localement.


Le travail des folkloristes constitue ici un point de départ précieux, mais il ne saurait tenir lieu d'inventaire définitif. Les légendes ont circulé sous des formes diverses, certaines n'ont probablement jamais été écrites, et d'autres se sont transformées jusqu'à devenir méconnaissables. Il reste sans doute beaucoup à découvrir dans les archives, les publications anciennes, les travaux des sociétés savantes et les témoignages familiaux.


Je suis particulièrement sensible à cette dimension du patrimoine ardennais, parce qu'elle montre combien un territoire peut être riche de récits que ses propres habitants connaissent parfois assez mal. Nous avons volontiers retenu les grandes légendes chevaleresques, les Quatre Fils Aymon, Bayard et Maugis, mais les traditions plus modestes des villages méritent elles aussi notre attention. Elles racontent une autre histoire de l'Ardenne, faite de croyances, de peurs, de plaisanteries, de coutumes et de rapports quotidiens avec un environnement auquel les générations anciennes prêtaient volontiers des intentions.


Il n'est évidemment pas nécessaire de croire à l'existence du Karnabo pour apprécier les récits qui le concernent, pas davantage qu'il n'est indispensable d'imaginer des Nutons sous chaque rocher pour mesurer l'intérêt de leurs légendes. Mais ces histoires constituent une part de notre culture, et leur connaissance éclaire aussi bien la vie de nos ancêtres que la littérature qui continue de s'en inspirer.


Alors, si vous avez l'occasion de parcourir les anciennes ardoisières du plateau de Rocroi, les rochers de la Semois ou les bois qui dominent la Meuse, vous pourrez peut-être vous souvenir de quelques-uns de leurs habitants légendaires.


Pour ma part, je continuerai de les fréquenter dans les livres. Le voisinage m'y semble beaucoup plus sûr.


Benoît J. Caron


Sources et références


Albert Meyrac — Traditions, coutumes, légendes et contes des Ardennes, comparés avec les traditions, légendes et contes de divers pays, Charleville, Imprimerie du Petit Ardennais, 1890. Source principale pour le Mahwot, le Karnabo et de nombreuses traditions ardennaises.


Théodule Delogne — L'Ardenne méridionale belge, Bruxelles, Henri Lamertin, 1914, particulièrement le chapitre « Êtres merveilleux », p. 55-88. Source pour les Nutons, les lumérettes, le Verbouc, les loups-garous, les fées et les chasses fantastiques.


Paul Sébillot — Le Folk-lore de France, notamment le tome II, La Mer et les eaux douces, Paris, E. Guilmoto, 1905.


Anatole France — « Albert Meyrac », dans La Vie littéraire, quatrième série, Paris, Calmann-Lévy, 1892.


Max Defleur — Contes et légendes de Wallonie, illustrations de Clifton Dey, Paris, Fernand Nathan, 1962, notamment « Berthe de La Roche ». Source littéraire pour le Burdinal et Marie de Salm.


Pierre Dubois — La Grande Encyclopédie des lutins (1992), La Grande Encyclopédie des fées (1996) et La Grande Encyclopédie des elfes (2003), éditions Hoëbeke, illustrations de Claudine et Roland Sabatier.


Jacques Baudou — « Pierre Dubois, le rappel de la forêt », Le Monde, 21 octobre 2003.


Richard Ely — Entretien avec Pierre Dubois, Peuple Féerique, 2014.


Musée de la Grande Ardenne — La Maison des Légendes, Bastogne, exposition permanente consacrée au patrimoine légendaire ardennais.


Ville de Revin — « Terres d'Ardennes… Terres de légendes », documentation municipale sur les traditions locales.


Benoît J. Caron — Le Cycle de Maugis, tomes I à III : Froidmont, Les Enfants de l'Obsidienne et Les Chaînes d'Argent.


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