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  • Un vrai coup de cœur pour "Le Grand Livre des Ardennes "

    Je suis ravi que l’on m’ait récemment trouvé ce livre qui parle des Ardennes et qui parle de l’histoire de l’Ardenne ; histoire qui est très importante aussi dans le Cycle de Maugis et, plus largement, dans tous les récits qui prennent l’Ardenne au sérieux. Je le recommande activement. Un beau livre qui “fait territoire” Dès la couverture, Le Grand Livre des Ardennes  annonce la couleur : on n’est pas devant un guide pressé ni une compilation de cartes postales, mais devant un beau livre  au sens plein : celui qu’on laisse traîner sur une table parce qu’il appelle la main, le feuilletage, la redécouverte. Le format généreux, la maquette aérée, les photos pleine page : tout pousse à ralentir. Et c’est là que l’objet devient précieux pour un auteur. Parce qu’un univers, comme chez Tolkien, se nourrit de matière  : reliefs, forêts, brumes, pierres, faune, traces humaines, bref, tout ce qui ancre le mythe dans une géographie crédible. Ce livre fait exactement ça : il donne du sol . Ce qu’on y trouve (et pourquoi cela m’inspire) La ligne éditoriale est nette : raconter l’Ardenne par ses paysages, son patrimoine et ses “histoires” , celles qui, mises bout à bout, fabriquent une mémoire collective. On passe par exemple : ·         d’ambiances naturelles très “Ardenne profonde” (forêts, crêtes, rochers, horizons), ·         à une faune traitée sans folklore ·         à des chapitres où l’Histoire vient planter des jalons ·         et même des entrées qui touchent au carolingien Ce mélange ( nature / patrimoine / histoire / récit ) est exactement le genre d’alliage qui “fait vrai” dans une saga. Le lecteur ne se dit pas seulement « c’est beau »  : il sent « c’est habité » . Pourquoi ça colle si bien à l’esprit du Cycle de Maugis Le Cycle, tel que je le travaille, a une obsession (au bon sens du terme) : l’enracinement . Pas un décor générique fantasy, mais une Ardenne reconnaissable, stratifiée, contradictoire, parfois lumineuse, souvent rude. Or ce livre agit comme : ·         un réservoir d’atmosphères (lumières, saisons, textures : mousse, schiste, brume, eau) ; ·         un garde-fou  contre l’imprécision ·         un accélérateur d’idées Et surtout : il nous rappelle que, dans une épopée, le territoire n’est pas un décor : c’est un personnage . Deux noms derrière le livre Le duo est plus que cohérent : ·         Jean-Marie Lecomte  : photographe indépendant depuis 1990, né dans les Ardennes, vivant et travaillant à Louvergny, et fondateur des Éditions Noires Terres  (créées en 2002). ·         Bernard Chopplet  : auteur de textes de plusieurs ouvrages réalisés “en complicité” avec Lecomte, avec l’idée constante de valoriser le caractère des Ardennes et des Ardennais  ; on le trouve aussi présenté comme journaliste à Charleville-Mézières (1970-1993) . On comprend donc la mécanique : un regard (photo) + une voix (texte), mais dans un même objectif : faire parler l’Ardenne sans l’aplatir. Éditions Noires Terres : une logique de “beaux livres de région”, mais sans provincialisme Ce que j’aime dans la manière dont l’éditeur se présente, c’est le refus du simple “régionalisme”. Noires Terres revendique l’idée qu’être éditeur en région, c’est mettre en valeur une richesse culturelle  sans se limiter à un pré carré. Et la maison insiste sur ce mariage texte / photo où “le livre devient une fête” et “fait oublier les frontières”. Autrement dit : c’est de l’édition de territoire, oui... mais avec une ambition esthétique et culturelle. Infos pratiques : ·         Titre :   Le Grand Livre des Ardennes ·         Auteurs :  Bernard Chopplet (textes) & Jean-Marie Lecomte (photographies) ·         Éditeur :  Éditions Noires Terres ·         Caractéristiques : 316 pages, couverture cartonnée, format 29 × 23 cm ·         Parution :  10 novembre 2016 ·         Prix éditeur constaté :  39 € TTC

  • Agenda 2026 : où me retrouver autour du Cycle de Maugis et du Livre de l’Ordre et du Chaos (et surtout… où papoter)

    2026 s’annonce déjà comme une année de rencontres — celles qui donnent une réalité très concrète aux livres, parce qu’un univers se partage aussi en vrai , autour d’une table, d’un sourire, d’une dédicace, d’une discussion qui dérive vers une légende ardennaise, un morceau d’Histoire… ou une bonne question de lecteur. Voici, à ce jour , les trois manifestations où j’aurai le plaisir de vous retrouver. Et comme un agenda n’est jamais figé, d’autres dates viendront très probablement s’y ajouter. 1) L’Orée des Légendes — Monthermé (18–19 avril 2026) S’il y a un rendez-vous qui porte bien son nom, c’est celui-ci : un festival du légendaire et de la féerie , dans une ambiance où l’on croise autant l’imaginaire (marché féerique, déambulations, spectacles…) que la convivialité la plus simple : celle des passionnés qui se reconnaissent au premier mot. L’édition 2026 a en plus une saveur particulière : le festival fête ses 10 ans . Bref, une très belle porte d’entrée si vous aimez les univers fantasy, les créatures, les artisans, les récits, et cette impression d’être “au bon endroit” quand la réalité se teinte un peu de merveilleux. Pourquoi venir si vous suivez Maugis ? Parce que Monthermé, la vallée de la Meuse, les Ardennes légendaires… tout ça résonne forcément avec ce que je construis dans le cycle. Et parce que discuter “sources, inspirations, folklore, chanson de geste et Histoire” prend une autre dimension quand on est entouré d’imaginaire. Infos pratiques (à vérifier au moment de partir)  : le festival est annoncé à Monthermé , au COSEC , sur deux jours  (samedi + dimanche). Les détails d’horaires/tarifs peuvent évoluer : le plus sûr reste de jeter un œil aux pages officielles quelques jours avant. 2) Salon du Livre et du Vin “Entre Lignes et Vignes” — Warnécourt (31 mai 2026) L’idée est aussi simple que brillante : réunir des auteurs en dédicace  dans un salon où la découverte des livres se fait au milieu  de dégustations de vin , avec une ambiance très “proche des gens”. Sur les éditions précédentes documentées, on parle aussi de buvette / petite restauration , et même d’animations (par exemple, une initiation au tir à l’arc a déjà été proposée). Autrement dit : on vient pour les livres, on reste pour l’atmosphère. Pourquoi c’est un bon salon pour discuter lore ? Parce que ce format “sans chichi” favorise les échanges longs : on peut parler lecture, construction d’univers, inspirations, et aussi des coulisses très concrètes (auto-édition, fabrication, illustrations, etc.), sans le bruit d’une grande foule. Infos pratiques (à vérifier au moment de partir)  : l’événement est annoncé à Warnécourt , à la Halle Simone Leroy . Selon les sources accessibles, l’entrée est généralement indiquée comme libre , et l’organisateur est présenté comme Warnécourt Animations  (les modalités exactes 2026 sont à reconfirmer sur les pages de l’événement). 3) Les Fééries fantastiques — Fumay (27 juin 2026) Fumay accueille un rendez-vous qui aime les mots “immersion”, “médiéval”, “fantastique” — et qui, pour le lecteur de fantasy, parle immédiatement : un site patrimonial, une ambiance de village médiéval , et une édition annoncée comme particulièrement travaillée. Les informations touristiques disponibles évoquent un week-end sur les 27 et 28 juin , sur le site du Château des comtes de Bryas . Sur mon agenda, je vous donne rendez-vous le samedi 27  : c’est donc, à ce jour, la date certaine de ma présence. Pourquoi venir ? Parce qu’ici, l’imaginaire ne se “raconte” pas seulement : il se voit , se porte , se met en scène . C’est l’endroit idéal pour parler fantasy, inspirations, et pour repartir avec un livre… ou une idée de lecture à offrir. Infos pratiques (à vérifier au moment de partir)  : lieu annoncé Château des comtes de Bryas (Fumay)  ; dates communiquées 27–28 juin  (ma présence : 27 juin ). Petit conseil “anti-mauvaises surprises” Les festivals vivent : un horaire, un plan d’accès, une animation, une entrée… peuvent changer entre l’annonce et le jour J. Le réflexe le plus sûr : vérifier la page officielle  (ou l’événement Facebook) la semaine précédant votre venue. En bref (si vous voulez tout noter en 15 secondes) Monthermé — L’Orée des Légendes  : 18–19 avril 2026 (10 ans du festival) Warnécourt — Entre Lignes et Vignes (Livre & Vin)  : 31 mai 2026 Fumay — Fééries fantastiques  : samedi 27 juin 2026 (festival annoncé aussi le 28) Et si vous me croisez : venez me dire bonjour. Même si vous ne connaissez pas encore l’univers. Les meilleures lectures commencent souvent par une rencontre.

  • Prix du Livre Grand Est : auto-édités, passez votre chemin !

    Vous avez fait le choix (ou pas) de l’auto-édition, vous résidez dans l’Est de la France, et vous vous dites : — « Tiens, je participerais bien au Prix du Livre Grand Est, cette année… » En effet, vous avez écrit un joli petit livre jeunesse, avec peu d’illustrations IA (histoire de tenir les esprits chafouins à distance) et, coïncidence, vous résidez dans l’Est de la France. En plus, votre bouquin tricote des histoires un peu locales : hop, vous vous lancez dans le remplissage soigné du formulaire de la 6e édition. Et là : douche froide. On vous claque la porte au nez. Circulez, il n’y a rien à voir. Séparons le bon grain de l’ivraie : on ne mélange pas les torchons et les serviettes. Vous, c’est le fond du bus, près du radiateur, avec les nuls. Pourquoi ? Parce qu’à la 6e case de la 6e édition, on vous demande ( NÉCESSAIRE ) : « Maison d’édition ». Puis : « Installée en région Grand Est » ( NÉCESSAIRE ). Et enfin, le glas : « Nombre de tirage ». Vous l’avez bien compris : vous n’êtes pas le bienvenu ici. Qu’on assume une politique éditoriale, pourquoi pas. Mais dans ce cas, autant l’écrire clairement : ce prix est destiné aux ouvrages portés par une structure éditoriale. Afficher « candidatures ouvertes » tout en verrouillant l’accès dès le formulaire, c’est un joli cas d’ouverture… sous conditions. Le plus ironique ? L’appel met aussi en avant des critères écologiques (très bien), mais exclut d’emblée une partie des créateurs qui, justement, fabriquent parfois local et court, voire à la demande. On notera par ailleurs que ce prix est porté par une collectivité et doté d’un montant (3 000 € bruts) : autrement dit, des deniers publics . Or, les règles exigent un cadre “à compte d’éditeur” et un contrat d’édition : mécaniquement, l’accès à ce financement symbolique est réservé au circuit traditionnel , donc à des structures éditoriales… privées . Ce n’est pas “mal” en soi ; c’est un choix. Mais alors, qu’on l’annonce comme tel : un prix public au service d’un segment privé précis, plutôt qu’un concours “ouvert” dans la communication. À l’arrivée, on obtient un prix public qui ressemble surtout à un prix du circuit traditionnel : un entre-soi , dont on nous a habitués depuis longtemps. Je n’attends pas qu’un jury « aime » l’auto-édition. J’attends juste une chose : de la cohérence et de l’honnêteté dans les règles du jeu.

  • Lecture approfondie : un rempart doux contre le stress, le doomscrolling… et la pensée automatique

    Nous vivons dans un environnement qui encourage une lecture “à la surface” : titres, extraits, vidéos courtes, posts enchaînés. Ce n’est pas “mal” en soi. C’est un régime d’information. Mais quand ce régime devient quasi exclusif , il nous entraîne vers un mode mental particulier : l’attention saute, la réflexion se raccourcit, l’humeur se charge. Et on finit souvent par confondre deux choses : être informé et être nourri. À l’inverse, la lecture approfondie  (un texte long, suivi, que l’on fréquente vraiment) réinstalle une compétence rare : prendre le temps de penser . Et c’est précisément ce dont on a besoin pour résister au doomscrolling, à la désinformation… et à l’angoisse diffuse qui vient quand le monde se résume à une file infinie de mauvaises nouvelles. Doomscrolling : le piège du “défilement sans fin” Le doomscrolling, c’est cette habitude de scroller des contenus anxiogènes “pour savoir”, “pour ne rien rater”, “pour se préparer”… et de rester coincé dans la boucle. On le fait souvent en fin de journée, quand l’énergie mentale est basse. Résultat : au lieu de calmer, on alimente une vigilance inquiète. Des travaux en psychologie ont trouvé des liens entre doomscrolling et anxiété existentielle , et parfois une vision plus sombre des autres (misanthropie), selon les contextes et les échantillons étudiés. L’idée importante n’est pas “les réseaux rendent fou”, mais plutôt : un flux de contenus négatifs répétés peut entraîner une perception du monde plus menaçante , surtout quand c’est la principale fenêtre sur l’actualité. Le cœur du problème : la “vérité illusoire” Un point clé (et très utile pour comprendre la désinformation) : plus une affirmation est répétée , plus elle devient familière … et plus elle peut sembler vraie. Ce mécanisme est connu sous le nom d’ effet de vérité illusoire . La revue de psychologie “Judging Truth” explique que, quand on évalue la vérité, notre cerveau utilise plusieurs indices : un biais de vérité  (dans la vie courante, beaucoup d’énoncés sont vrais, donc on “penche” souvent vers la croyance), la fluidité  (“c’est facile à traiter, donc ça a l’air vrai”), et la mémoire des faits + des sources  (qu’on peut consulter, mais qu’on ne consulte pas toujours). Dans un feed, tu reçois justement une pluie d’énoncés courts , répétés , formatés pour être fluides . Autrement dit : un environnement idéal pour que la familiarité se transforme en “ça doit être vrai”. Ce que la lecture approfondie change, concrètement La lecture profonde ne “donne pas raison”. Elle fait mieux : elle change la façon dont on fabrique une opinion . Lire en profondeur, c’est : choisir sa vitesse (ralentir sur le difficile, accélérer sur le simple) ; relier les idées entre elles ; vérifier la cohérence interne ; imaginer d’autres interprétations ; et, très souvent, accepter un petit inconfort : confusion, irritation, doute. Dit autrement : la lecture approfondie entraîne le cerveau à passer du mode “réaction” au mode “élaboration”. C’est exactement ce que souligne Maryanne Wolf : la lecture profonde est un outil majeur pour développer empathie  et pensée critique , et aider à discerner le vrai du faux ; à condition de l’entretenir comme une compétence, pas comme un réflexe automatique. BookTok, Bookstagram : pas juste des vitrines, des “ateliers de lecture” On pourrait croire que les réseaux sont condamnés au zapping. Pourtant, certaines communautés font l’inverse : elles utilisent le réseau pour revenir au long , au “fini”, au “lu en entier”. C’est là que BookTok  (sur TikTok) et Bookstagram  (sur Instagram) ont un intérêt très concret : On n’y échange pas seulement des titres, on y échange des expériences de lecture . On ne se contente pas de “j’ai vu passer ce livre” : on parle d’un livre terminé , donc d’un parcours complet. On transforme une activité solitaire en activité sociale  : recommandations, débats, analyses, émotions partagées. Or, socialiser un effort le rend plus tenable. Et lire un livre en entier, c’est déjà faire un pas énorme contre le régime “extrait permanent”. Un petit détour par la sémantique générale : le monde n’est pas la carte La sémantique générale (dans l’esprit de Alfred Korzybski) nous rappelle trois choses simples… et très actuelles : La carte n’est pas le territoire. Un post, un thread, une vidéo : ce sont des cartes (des représentations), pas “le réel”. La lecture approfondie te redonne le réflexe de te demander : “Qu’est-ce que ce texte représente ? Qu’est-ce qu’il laisse de côté ?” Non-A : une chose n’est pas identique à elle-même à travers le temps. “La situation”, “les gens”, “le monde” évoluent. Le feed fige souvent tout en slogans. Un livre, lui, rend la nuance et la temporalité plus visibles. Indexation et datation. Au lieu de “c’est vrai / c’est faux”, on apprend à dire :“c’est vrai-pour-moi-ici-et-maintenant”, “selon telle source”, “à telle date”, “dans tel contexte”. C’est une hygiène mentale autant qu’intellectuelle. Un protocole simple : 7 jours pour retrouver la lecture tranquille Tu peux proposer ça à tes lecteurs (et ça marche très bien en duo, style “club minimaliste”) : Jour 1–2 :  10 minutes, texte court (nouvelle, essai, poésie). Jour 3–4 :  15 minutes, début d’un roman/doc. Jour 5–6 :  1 chapitre par jour. Jour 7 :  discussion (avec un proche, ou via BookTok/Bookstagram) : “ce que j’ai compris”, “ce qui m’a résisté”, “ce que ça a changé en moi”. Règle d’or : pas de multitâche . Téléphone hors champ. Même si c’est imparfait, l’important est de réhabituer le cerveau à “tenir un fil”. Pourquoi c’est bon pour la santé mentale Parce que la lecture profonde agit comme un contre-rythme : elle ralentit la course ; elle remet de la cohérence là où le flux disperse ; elle réintroduit de la maîtrise (“je choisis mon texte, ma vitesse, mon moment”) ; elle transforme l’inquiétude en compréhension, et parfois en empathie. Et surtout : elle redonne une expérience rare aujourd’hui : être présent à une pensée sans être aspiré par la suivante. L'analyse en vidéo : Le podcast : Références : Torres, J. T., & Saerys-Foy, J. (2026). Article sur lecture approfondie vs doomscrolling (republication). Brashier, N. M., & Marsh, E. J. (2020). Judging Truth . Annual Review of Psychology , 71, 499–515. UCLA School of Education & Information Studies (2025). Article/interview : Maryanne Wolf: Deep Reading a Tool for Attaining Empathy, Critical Thinking Skills . Shabahang, R. (2024). Étude sur doomscrolling, anxiété existentielle et misanthropie (Computers in Human Behavior Reports).

  • Le tout premier nom d’auteur qu’on connaisse est féminin : Enheduanna

    On se raconte souvent une histoire confortable : aux origines de la littérature, il y aurait d’abord des homme, des “pères fondateurs”, des figures tutélaires, des noms gravés dans le marbre de nos manuels. Sauf que, si l’on pose une question simple : quel est le premier nom d’auteur (au sens d’une personne identifiée par son nom comme producteur d’un texte) dont nous ayons connaissance ?   la réponse qui revient le plus souvent chez les historiens et les institutions culturelles est déroutante, et franchement réjouissante : le premier nom d’auteur connu est celui d’une femme : Enheduanna.   Une femme, un nom, une époque Enheduanna vit au IIIe millénaire avant notre ère, dans la Mésopotamie antique (l’actuel Irak, pour situer). Elle est connue comme grande prêtresse  à Ur, et la tradition la présente aussi comme fille de Sargon d’Akkad , une figure majeure de l’époque. Mais son importance dépasse largement la politique ou la religion : elle est associée à un corpus de textes en sumérien , notamment des hymnes, et surtout à une idée presque moderne : un “je” qui assume une parole . Ce que ça veut dire exactement : “premier nom d’auteur” Là, je verrouille une nuance essentielle (parce que c’est elle qui rend l’affirmation “béton”) : Enheduanna n’est pas “la première personne à écrire” . L’écriture existait déjà, et énormément de textes anciens circulent sans auteur identifié . En revanche, elle est souvent présentée comme la première autrice nommée  : la première figure dont le nom apparaît comme celui d’une personne à qui l’on associe une œuvre. Dit autrement : le point révolutionnaire n’est pas seulement le texte, c’est la signature (ou l’identification) : l’émergence de l’autorat. Pourquoi elle a été effacée si longtemps Il y a plusieurs raisons (et elles se renforcent entre elles) : Biais culturel  : l’histoire “canonique” de la littérature, telle qu’on l’a longtemps racontée en Occident, met au centre la Grèce et Rome, puis saute à des auteurs masculins devenus emblématiques. Résultat : ce qui précède (et surtout ce qui vient de Mésopotamie) est souvent relégué au rang de “pré-histoire” culturelle. Biais de l’anonymat  : quand une grande partie des textes antiques sont anonymes, on finit par confondre “absence de nom” et “absence d’auteur”. Or, l’absence de nom ne dit pas “personne”, elle dit “nous ne savons pas” ; et ce flou a souvent profité au récit traditionnel. Biais de la preuve  : les chercheurs rappellent que les manuscrits originaux de son vivant ne nous sont pas parvenus  ; les textes existent via des copies plus tardives, ce qui ouvre des débats sur l’attribution, le rôle des scribes, et la manière dont la tradition a fixé son nom. Et pourtant, malgré ces prudences, des sources solides (encyclopédies, institutions muséales, notices académiques) continuent à la présenter comme la plus ancienne autrice nommée . Pourquoi c’est un symbole fort (même avec la nuance) Parce que cette histoire nous oblige à distinguer deux choses : L’ancienneté des textes  (très ancienne), L’apparition d’un auteur identifié  (beaucoup plus rare, et culturellement décisive). Et là, Enheduanna devient une bascule : elle incarne l’idée qu’à l’aube de la littérature, il y a déjà non seulement des récits, mais aussi une voix , une personne située, nommée, inscrite dans le monde social et politique, qui parle et qu’on peut désigner. C’est aussi, au passage, une manière de rappeler que “l’origine” n’est pas un point unique : c’est une constellation. Mais dans cette constellation, le premier nom qui brille  est féminin. Analyse en vidéo : Le podcast :

  • On picole, on fume et on fait des galipettes dans le Cycle de Maugis 🍷🚬🔥

    Plaisirs, sensualité et corruption : comment l’intime sert l’épique Dans cette saga, les “petits plaisirs” ne sont pas du décor médiéval : ils servent l’histoire. Boire, fumer, désirer… ce sont des gestes simples qui rendent l’univers crédible, et qui deviennent un vrai baromètre moral. 🍷 Boire : l’alcool crée de la complicité, fait tomber les masques et installe un sas de respiration avant que l’épique ne reprenne. Un verre partagé, (ici Oriande et Aveline autour d'un Cointreau) une table, une ambiance… et vous sentez le monde vivre. 🚬 Fumer : la pipe n’est pas un accessoire “à la fantasy”. C’est une posture : contrôle, ironie, distance. La fumée rythme les dialogues et signe l’état intérieur d’un personnage. Maugis est d'ailleurs très amateur du tabac de la Semoy. 🔥 Aimer / désirer : le Cycle couvre tout un spectre. • parfois tendre et charnel (l’intime comme refuge) • parfois “magico-érotique” (où le désir touche au sortilège) • parfois trouble… jusqu’au monstrueux, quand la sexualité devient prédation et corruption du côté de Moloch. Et c’est là que ça marche : plus on glisse vers le Chaos, plus l’intime se déforme. Chez les humains, il peut être chaleur. Chez les démons, il devient avidité. En clair : dans le Cycle de Maugis, la sensualité n’est pas là “pour faire joli”. Elle révèle qui tient debout… et qui bascule. #fantasy #darkfantasy #epicfantasy #litterature #roman #auteurindependant #worldbuilding Références (extraits) : Tome III Les Chaînes d’argent (alcool/pipe) ; L’Elixir (érotisme) ; Tome II Les Enfants de l’Obsidienne + Tome IV (à venir) (Moloch/Tophet).

  • Célestine, la blessure Hélikè

    Hélikè, la ville engloutie : quand l’Histoire disparaît sous la mer Au cours de l’hiver 373 av. J.-C., Hélikè — une cité d’Achaïe, sur le golfe de Corinthe — fut anéantie par un violent séisme, suivi d’une submersion marine. En une nuit, une ville entière bascula hors du monde visible. On a parfois voulu y voir une “Atlantide grecque”, mais l’étiquette ne dit pas l’essentiel : Hélikè est d’abord une tragédie humaine , une disparition si radicale qu’elle a marqué durablement la mémoire antique. Soyons rigoureux : les sources ne donnent pas de nombre fiable de victimes.  Elles insistent plutôt sur l’ampleur du désastre, sur la brutalité du raz-de-marée, et sur l’impuissance des survivants face à une ville devenue inaccessible. Strabon rapporte par exemple qu’on envoya deux mille hommes  pour tenter de récupérer les corps, sans succès  : signe glaçant d’un effacement presque total. D’autres auteurs anciens, comme Pausanias, évoquent une cité “engloutie” dont le souvenir persiste, précisément parce que l’événement dépasse l’entendement ordinaire : une ville, et soudain… rien. Ce qui fascine, ce n’est pas seulement la catastrophe. C’est la cassure  : avant, une cité ; après, un vide. Hélikè devient un symbole antique de l’instant où la réalité se dérobe. Et c’est là que, des siècles plus tard, la recherche moderne entre en scène. Aujourd’hui : d’une légende à une enquête scientifique Pendant longtemps, Hélikè a flotté entre récit et mythe. Mais depuis la fin du XXᵉ siècle, des programmes de recherche (archéologie, géologie, géoarchéologie) ont repris le dossier. Le Helike Project  publie notamment des résultats et des références scientifiques autour des horizons d’occupation  retrouvés et de la reconstitution du contexte naturel du drame. Autrement dit : on ne “rêve” plus Hélikè, on l’étudie.  Et cette bascule est, en soi, une forme de réparation : elle rend à la catastrophe sa matérialité, et aux disparus leur place dans une histoire documentée. L’hommage du Cycle de Maugis  : Célestine, ou la dignité face au gouffre Dans le Cycle de Maugis , l’hommage à Hélikè ne passe pas par la reconstitution “musée”. Il passe par une émotion : celle de l’avant-bataille , quand une communauté se rassemble autour d’une table et mesure — lucidement — la part d’irréversible. Célestine incarne exactement cela. La scène de la table (le marbre, les poings serrés, le silence, le heaume) n’est pas seulement “épique”. Elle dit : nous savons que des villes meurent . Que des mondes entiers peuvent disparaître en une nuit. Et que la seule réponse honorable, parfois, consiste à tenir debout, à décider, à porter la mémoire au lieu de la fuir. Hélikè est une tragédie de submersion. Célestine, elle, est une tragédie de lucidité. Le lien est là : l’Histoire qui brûle, l’Histoire qui noie, et ceux qui restent  — non pas pour “oublier”, mais pour organiser, protéger, transmettre. Si votre clip se termine sur Hélikè, alors Célestine devient plus qu’un personnage : elle devient un monument vivant , une main posée sur la table du réel. Références (pour aller plus loin) Strabon , Géographie , Livre VIII (passage sur Hélikè, l’expédition des “deux mille hommes” et l’impossibilité de récupérer les corps). Pausanias , Description de la Grèce , Livre VII (tradition sur Hélikè engloutie). Helike Project  (pages de résultats + références scientifiques et publications autour de la recherche).

  • Espace d'échange immersif

    Vous êtes convié à venir visiter l'espace créé pour vous, lecteur ou néophites du Cycle de Maugis et du Livre de l'Ordre et du Chaos ! C'est par ici : (ou en bas de l'article pour essayer directement ! ) https://arrival.space/beno-t-caron Pour commencer, vous débarquez dans la salle d'accueil qui vous oriente vers les différents thèmes, ouvrages, etc... Dès lors, vous pouvez vous promener vers Froidmont , les Enfants des l'Obsidienne, ect. Certaines salles sont assez spéciales, comme Rosefleur ou la Bibliothèque Monde et vous réservent quelques surprises... Bonne visite ! Mode opératoire (ultra simple) 1) Entrer dans l’espace Vous pouvez rejoindre l’espace en mode invité (Guest) : choisissez un nom, un avatar, puis entrez. Le micro/casque est optionnel : vous pouvez l’activer ou le couper selon votre usage. 2) Se déplacer Sur ordinateur Deux façons : cliquer au sol pour avancer, ou utiliser ZQSD/WASD. Tourner la vue : clic droit + glisser. Zoom : molette. Courir : Maj (Shift). Sur mobile Déplacement au joystick (icône en bas à gauche). Tourner la caméra : glisser le doigt ; zoom : pincer ; et vous pouvez aussi tapoter au sol pour avancer. 3) Interagir Approchez-vous des éléments et cliquez/tapotez ce qui attire l’œil : certains objets peuvent être “actifs” (infos, passages, détails, ambiances). Selon les zones, il peut aussi y avoir des sources sonores (ambiance, voix, etc.) intégrées au décor. 4) Partager Si vous voulez inviter quelqu’un : il suffit de copier le lien et de l’envoyer. Et si vous voulez l’intégrer sur une page web : Arrival Space prévoit un code d’intégration (iframe).

  • Interview sur Radio Bouton – Autour de L’Élixir et du Livre de l’Ordre et du Chaos

    Le 9 décembre, j’ai eu le plaisir d’être invité par Radio Bouton , une radio associative profondément attachée à son territoire, pour parler de mon travail d’auteur, de l’Ardenne et de mon nouveau livre, L’Élixir , premier tome du Livre de l’Ordre et du Chaos . Au fil de l’entretien, nous évoquons la place de l’Ardenne dans mes récits, la manière dont les légendes locales, les Nutons, la forêt et les croyances anciennes  nourrissent mon univers, ainsi que les liens entre L’Élixir  et le Cycle de Maugis . J’y parle d’Hadelin, d’Édorian le Nuton, d'Oriande, mais aussi de la présence déjà bien concrète de Karolus Magnus , qui commence à projeter son ombre sur les événements à venir. Si vous souhaitez découvrir les coulisses de cet univers, comprendre comment s’articulent histoire, folklore ardennais et fantasy épique , ou simplement en savoir plus sur la parution de L’Élixir , vous pouvez réécouter l’émission en replay en suivant ce lien : 👉 Écouter l’interview sur Radio Bouton Bonne écoute, et n’hésitez pas à me laisser vos impressions après l’émission.

  • Evènement au Vert-Bock pour la sortie de l'Élixir

    Cette sortie officielle ne se fera pas dans une librairie, un grand centre commercial, un salon... Non, elle se fera dans un haut-lieu des légendes de l'Ardenne : le VERT-BOCK à Charleville-Mézières où nous nous rencontrerons autour d'un livre et d'une mousse.

  • CONCOURS INSTAGRAM – L’ÉLIXIR ✨

    Tout est dit sur le visuel 🌿À toi de jouer, si tu veux tenter ta chance et plonger dans l’univers du Livre de l’Ordre et du Chaos  🍃 Bonne chance à tous ! 🍀 C'est sur INSTA #lelixir #benoitjcaron #darkepiclorefantasy #concourslivre #fantasyfrançaise #auteurfrançais #livres #lecture #universfantasy

  • Merci Marie-Cécile CADARS

    Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous annoncer le nom de la grande voie de la littérature qui a accepté de signer la préface de "l'Elixir" à sortir le 31 octobre prochain 😊 #benoitjcaron #darkepiclorefantasy #lelixir #preface

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