Un vrai coup de cœur pour "Le Grand Livre des Ardennes "
- Benoît CARON
- 2 mars
- 3 min de lecture

Je suis ravi que l’on m’ait récemment trouvé ce livre qui parle des Ardennes et qui parle de l’histoire de l’Ardenne ; histoire qui est très importante aussi dans le Cycle de Maugis et, plus largement, dans tous les récits qui prennent l’Ardenne au sérieux. Je le recommande activement.

Un beau livre qui “fait territoire”
Dès la couverture, Le Grand Livre des Ardennes annonce la couleur : on n’est pas devant un guide pressé ni une compilation de cartes postales, mais devant un beau livre au sens plein : celui qu’on laisse traîner sur une table parce qu’il appelle la main, le feuilletage, la redécouverte.
Le format généreux, la maquette aérée, les photos pleine page : tout pousse à ralentir. Et c’est là que l’objet devient précieux pour un auteur. Parce qu’un univers, comme chez Tolkien, se nourrit de matière : reliefs, forêts, brumes, pierres, faune, traces humaines, bref, tout ce qui ancre le mythe dans une géographie crédible. Ce livre fait exactement ça : il donne du sol.

Ce qu’on y trouve (et pourquoi cela m’inspire)
La ligne éditoriale est nette : raconter l’Ardenne par ses paysages, son patrimoine et ses “histoires”, celles qui, mises bout à bout, fabriquent une mémoire collective.
On passe par exemple :
· d’ambiances naturelles très “Ardenne profonde” (forêts, crêtes, rochers, horizons),
· à une faune traitée sans folklore
· à des chapitres où l’Histoire vient planter des jalons
· et même des entrées qui touchent au carolingien
Ce mélange ( nature / patrimoine / histoire / récit ) est exactement le genre d’alliage qui “fait vrai” dans une saga. Le lecteur ne se dit pas seulement « c’est beau » : il sent « c’est habité ».

Pourquoi ça colle si bien à l’esprit du Cycle de Maugis
Le Cycle, tel que je le travaille, a une obsession (au bon sens du terme) : l’enracinement. Pas un décor générique fantasy, mais une Ardenne reconnaissable, stratifiée, contradictoire, parfois lumineuse, souvent rude.
Or ce livre agit comme :
· un réservoir d’atmosphères (lumières, saisons, textures : mousse, schiste, brume, eau) ;
· un garde-fou contre l’imprécision
· un accélérateur d’idées
Et surtout : il nous rappelle que, dans une épopée, le territoire n’est pas un décor : c’est un personnage.
Deux noms derrière le livre
Le duo est plus que cohérent :
· Jean-Marie Lecomte : photographe indépendant depuis 1990, né dans les Ardennes, vivant et travaillant à Louvergny, et fondateur des Éditions Noires Terres (créées en 2002).
· Bernard Chopplet : auteur de textes de plusieurs ouvrages réalisés “en complicité” avec Lecomte, avec l’idée constante de valoriser le caractère des Ardennes et des Ardennais ; on le trouve aussi présenté comme journaliste à Charleville-Mézières (1970-1993).
On comprend donc la mécanique : un regard (photo) + une voix (texte), mais dans un même objectif : faire parler l’Ardenne sans l’aplatir.
Éditions Noires Terres : une logique de “beaux livres de région”, mais sans provincialisme
Ce que j’aime dans la manière dont l’éditeur se présente, c’est le refus du simple “régionalisme”. Noires Terres revendique l’idée qu’être éditeur en région, c’est mettre en valeur une richesse culturelle sans se limiter à un pré carré. Et la maison insiste sur ce mariage texte / photo où “le livre devient une fête” et “fait oublier les frontières”.
Autrement dit : c’est de l’édition de territoire, oui... mais avec une ambition esthétique et culturelle.

Infos pratiques :
· Titre : Le Grand Livre des Ardennes
· Auteurs : Bernard Chopplet (textes) & Jean-Marie Lecomte (photographies)
· Éditeur : Éditions Noires Terres
· Caractéristiques : 316 pages, couverture cartonnée, format 29 × 23 cm
· Parution : 10 novembre 2016
· Prix éditeur constaté : 39 € TTC
.jpg)


Commentaires