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Prix du Livre Grand Est : auto-édités, passez votre chemin !

  • Photo du rédacteur: Benoît CARON
    Benoît CARON
  • 10 févr.
  • 2 min de lecture

Vous avez fait le choix (ou pas) de l’auto-édition, vous résidez dans l’Est de la France, et vous vous dites :

— « Tiens, je participerais bien au Prix du Livre Grand Est, cette année… »

En effet, vous avez écrit un joli petit livre jeunesse, avec peu d’illustrations IA (histoire de tenir les esprits chafouins à distance) et, coïncidence, vous résidez dans l’Est de la France. En plus, votre bouquin tricote des histoires un peu locales : hop, vous vous lancez dans le remplissage soigné du formulaire de la 6e édition.


Et là : douche froide. On vous claque la porte au nez. Circulez, il n’y a rien à voir. Séparons le bon grain de l’ivraie : on ne mélange pas les torchons et les serviettes. Vous, c’est le fond du bus, près du radiateur, avec les nuls.

Pourquoi ?

Parce qu’à la 6e case de la 6e édition, on vous demande (NÉCESSAIRE) :

« Maison d’édition ».

Puis : « Installée en région Grand Est » (NÉCESSAIRE).

Et enfin, le glas : « Nombre de tirage ».


Vous l’avez bien compris : vous n’êtes pas le bienvenu ici.


Qu’on assume une politique éditoriale, pourquoi pas. Mais dans ce cas, autant l’écrire clairement : ce prix est destiné aux ouvrages portés par une structure éditoriale. Afficher « candidatures ouvertes » tout en verrouillant l’accès dès le formulaire, c’est un joli cas d’ouverture… sous conditions.


Le plus ironique ?

L’appel met aussi en avant des critères écologiques (très bien), mais exclut d’emblée une partie des créateurs qui, justement, fabriquent parfois local et court, voire à la demande.

On notera par ailleurs que ce prix est porté par une collectivité et doté d’un montant (3 000 € bruts) : autrement dit, des deniers publics. Or, les règles exigent un cadre “à compte d’éditeur” et un contrat d’édition : mécaniquement, l’accès à ce financement symbolique est réservé au circuit traditionnel, donc à des structures éditoriales… privées. Ce n’est pas “mal” en soi ; c’est un choix. Mais alors, qu’on l’annonce comme tel : un prix public au service d’un segment privé précis, plutôt qu’un concours “ouvert” dans la communication.


À l’arrivée, on obtient un prix public qui ressemble surtout à un prix du circuit traditionnel : un entre-soi, dont on nous a habitués depuis longtemps.


Je n’attends pas qu’un jury « aime » l’auto-édition. J’attends juste une chose : de la cohérence et de l’honnêteté dans les règles du jeu.


 
 
 

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