Actualité Fantasy : entre grandes épopées, nouvelles voix et retour de La Tour sombre
Une nouvelle rubrique consacrée à la fantasy
À partir de ce mois d'octobre, je vous propose de nous retrouver tous les deux mois autour d'une nouvelle rubrique consacrée à l'actualité de la fantasy. Nous y parlerons de livres, bien entendu, de nouvelles parutions, d'auteurs confirmés ou émergents, de fantasy épique, historique, sombre ou romantique, sans oublier quelques incursions du côté des adaptations cinématographiques et télévisuelles. L'idée n'est pas de dresser un catalogue exhaustif des nouveautés, exercice aussi fastidieux qu'illusoire, mais de prendre le temps de regarder ce qui se publie, ce qui se prépare et, parfois, ce qui se transforme dans cette littérature qui nous passionne. Avec un regard de lecteur, naturellement, mais aussi celui d'un auteur, et cette conviction que la fantasy mérite mieux que d'être considérée comme une simple littérature d'évasion. Elle possède une histoire, des traditions, une extraordinaire diversité et, surtout, beaucoup de choses à nous raconter sur notre propre monde. Alors, ouvrons les grimoires et voyons ce que cette rentrée nous réserve.
Une rentrée riche pour les amateurs de fantasy
La fantasy ne semble décidément pas décidée à vieillir. Voilà qui est plutôt rassurant pour un genre dont les fondations reposent, pour une large part, sur des récits plusieurs fois millénaires. Des mythologies antiques aux chansons de geste médiévales, des grandes épopées de Tolkien aux mondes sombres de la fantasy contemporaine, notre littérature préférée possède une étonnante capacité à se renouveler sans renier ses origines. Et la rentrée de septembre 2026, prolongée par les premières semaines d'octobre, nous en fournit encore quelques exemples intéressants.
À parcourir les catalogues des éditeurs, une chose frappe : la fantasy n'est plus véritablement un genre, mais une famille nombreuse, parfois turbulente, dont les membres ne s'accordent pas nécessairement sur la définition du merveilleux. Entre fantasy épique, romantasy, dark fantasy, fantasy historique et récits plus intimistes, il y a désormais de quoi satisfaire des lecteurs aux goûts fort différents. Encore faut-il s'y retrouver.
La fantasy épique et sombre conserve de belles armes
Commençons par une vieille connaissance des amateurs de fantasy héroïque : David Gemmell. Bragelonne a remis à l'honneur L'Épée de l'orage, premier volume de Rigante, dans une nouvelle édition de poche publiée le 10 septembre 2026. L'occasion de retrouver un auteur qui savait mieux que beaucoup d'autres associer la grandeur épique à la fragilité humaine.
L'Épée de l'Orage — David Gemmell Le Prince écorché — Mark Lawrence
L'Épée de l'Orage (D. Gemmell) et Le Prince écorché (M. Lawrence). Couvertures : Bragelonne.
Chez Gemmell, l'héroïsme n'est jamais tout à fait confortable. Les batailles ne servent pas uniquement à déterminer qui possède la plus grosse épée, même si, reconnaissons-le, cela peut parfois aider. Elles révèlent des individus confrontés à leurs serments, à leurs contradictions et aux conséquences de leurs choix. C'est une conception de la fantasy qui me paraît essentielle : le merveilleux donne de l'ampleur au récit, mais ce sont les personnages qui lui donnent sa profondeur.
Le 14 octobre, le même éditeur a publié Le Prince écorché, premier tome de L'Empire brisé de Mark Lawrence, dans une nouvelle édition de poche, ainsi que Fille des corbeaux, également de Mark Lawrence, ouverture de L'Académie de la Bienveillance. Deux titres qui rappellent, chacun à leur manière, la place considérable prise par les imaginaires sombres dans l'édition contemporaine.
Attention, toutefois, à ne pas confondre noirceur et profondeur. Une histoire n'est pas nécessairement plus adulte parce qu'elle multiplie les atrocités. La violence devient littérairement intéressante lorsqu'elle révèle quelque chose de l'être humain, de ses rapports au pouvoir ou de ses limites morales. À défaut, elle finit par ressembler à un concours de surenchère. Et les concours de surenchère, même avec des dragons, finissent par lasser.
De nouveaux univers et le retour du merveilleux
La rentrée française a également accueilli plusieurs propositions dignes d'attention. Le 10 septembre, Bragelonne a publié L'Île des oracles, premier tome de Wyrd d'Anne Bishop, ainsi qu'Anji, tueuse de roi, premier volume d'Une marée de sang d'Evan Leikam.
L'Île des oracles — Anne Bishop Anji, tueuse de roi — Evan Leikam La Peur du sage, première partie — Patrick Rothfuss (couverture Bragelonne 2013)
Anne Bishop, Evan Leikam et Patrick Rothfuss. Pour La Peur du sage, couverture de la première partie (2013), utilisée à titre illustratif de la nouvelle intégrale de 2026. Visuels : Bragelonne.
À côté de ces nouvelles entrées en librairie, le 16 septembre a marqué le retour de La Peur du Sage, deuxième tome de la Chronique du Tueur de Roi de Patrick Rothfuss, dans une nouvelle édition française. Ce n'est évidemment pas un nouveau roman de Rothfuss, distinction importante tant l'attente qui entoure la continuation de son œuvre demeure forte.
Cette coexistence entre nouvelles séries, rééditions et classiques contemporains me paraît révélatrice. La fantasy se construit autant par l'apparition de nouveaux mondes que par la transmission de ceux qui existent déjà. Un lecteur découvre aujourd'hui Gemmell ou Rothfuss quand un autre attend impatiemment la suite d'une série commencée il y a plusieurs années.
Et c'est peut-être l'une des particularités les plus réjouissantes de notre genre : les univers survivent à leur première publication. Ils acquièrent une mémoire collective, nourrie par les lecteurs, les discussions et les relectures. Tout comme les anciens cycles épiques, finalement.
La fantasy historique : l'Histoire reste un formidable réservoir de merveilleux
L'Histoire et la fantasy entretiennent une relation ancienne, complexe, et parfois délicieusement conflictuelle. L'Histoire fournit des lieux, des guerres, des croyances, des dynasties et des figures humaines dont les aventures réelles sont quelquefois si extravagantes qu'un romancier hésiterait à les inventer. J'ai d'ailleurs consacré à cette rencontre un article sur la fantasy historique, entre Histoire et merveilleux.

Manuscrits, mythes et mémoire des peuples : une source inépuisable d'imaginaire. Illustration d'ambiance originale.
La mythologie, quant à elle, possède l'avantage considérable de ne pas être tenue de respecter les archives. Les deux peuvent néanmoins fort bien s'entendre.
Cette rentrée nous en donne une illustration indirecte avec la place conservée par les grandes traditions légendaires dans les catalogues. Le 14 octobre, Bragelonne a remis en circulation Tristan et Iseult dans la version de René Louis, tandis que l'intégrale de Troie, de David et Stella Gemmell, est annoncée pour le 21 octobre, après la période principale de cette chronique.
Il faut ici distinguer la fantasy historique proprement dite de la réécriture mythologique. La première construit un récit merveilleux dans un contexte historique identifiable ; la seconde travaille un matériau légendaire qui possède déjà ses propres règles, ses métamorphoses et ses libertés. Les deux démarches peuvent naturellement se rencontrer.
C'est d'ailleurs ce qui me fascine particulièrement dans les chansons de geste. Elles constituent une matière presque inépuisable pour la fantasy moderne : souverains réels, conflits historiques, chevaliers imaginaires, enchanteurs, fées et animaux merveilleux y cohabitent avec un naturel qui ferait pâlir certains concepteurs d'univers contemporains. J'en ai détaillé les origines dans cet article consacré à la chanson de geste et à son héritage dans la fantasy.
Nos ancêtres pratiquaient déjà, en somme, une forme de fantasy épique. Ils avaient seulement oublié de lui donner un nom anglais.
La fantasy internationale continue d'explorer ses frontières
Au-delà de l'édition française, Christopher Buehlman a retrouvé ses lecteurs le 13 octobre avec The Thrice-Bound Fool, publié notamment chez Tor Books aux États-Unis. Cette nouvelle aventure prolonge l'univers ouvert avec The Blacktongue Thief, en retrouvant Kinch Na Shannack, personnage dont la ruse constitue l'une des meilleures armes.
The Thrice-Bound Fool — Christopher Buehlman Blacktail — Scott Hawkins
Christopher Buehlman (Tor/Macmillan) et Scott Hawkins (Crown/Penguin Random House). Visuels officiels des éditeurs.
Le récit tourne notamment autour d'un livre dérobé et particulièrement dangereux, dont la compréhension pourrait déterminer l'avenir d'un monde entier. Voilà une proposition qui devrait plaire à ceux qui aiment voir les connaissances et les objets de pouvoir devenir des enjeux narratifs à part entière.
La rentrée internationale témoigne également d'une grande diversité de sensibilités. Blacktail, de Scott Hawkins, publié le 1er septembre, met en scène un loup lié à une divinité forestière, confronté à la progression des humains sur son territoire. Derrière son argument fantastique, le roman ouvre une réflexion sur la nature, la perte et la vengeance.
Ces œuvres rappellent que la fantasy ne se résume ni aux royaumes médiévaux ni aux héritiers de Tolkien. Elle peut adopter le point de vue d'un animal, s'aventurer dans des bibliothèques inquiétantes, revisiter les mythologies ou explorer des univers entièrement étrangers aux traditions européennes. Et tant mieux : le merveilleux n'a jamais eu vocation à demeurer enfermé dans une seule géographie.
L'édition indépendante mérite aussi notre attention
Il serait difficile de dresser un panorama honnête de la fantasy actuelle sans évoquer les auteurs indépendants. L'autoédition occupe désormais une place significative dans la circulation des littératures de l'imaginaire, même si sa visibilité reste très inégale.
Les campagnes de financement participatif en donnent un exemple intéressant. Le calendrier du Grimoire Indé permet de suivre des projets de fantasy, de romantasy et de cosy fantasy en dehors des circuits les plus visibles. Nous y voyons une autre manière de faire circuler les livres et de rapprocher auteurs et lecteurs.
Le financement participatif ne garantit évidemment ni la qualité littéraire ni le succès commercial d'un ouvrage. Il permet cependant à certains auteurs de proposer directement leurs univers à un public, sans devoir nécessairement se conformer aux critères de sélection d'une grande maison.
Cette évolution soulève une question intéressante : assistons-nous à une démocratisation de la création littéraire, ou simplement à un déplacement des difficultés de visibilité ? Probablement un peu des deux.
Car écrire un livre et parvenir à le faire découvrir demeurent deux activités très différentes. Les auteurs indépendants le savent particulièrement bien.
La Tour sombre : Mike Flanagan veut toujours atteindre la Tour
Du côté des adaptations audiovisuelles, une actualité mérite tout particulièrement notre attention : La Tour sombre, l'immense cycle de Stephen King, reste au cœur des projets de Mike Flanagan.

La Tour sombre, roman de Stephen King. Visuel provenant du site officiel de l'auteur ; la future série n'a pas d'affiche annoncée ici.
Le réalisateur, déjà connu pour Doctor Sleep, Gerald's Game et plusieurs séries fantastiques, travaille depuis plusieurs années à une nouvelle adaptation de cette œuvre singulière, à la croisée de la fantasy, du western, de l'horreur et de la science-fiction.
En septembre, Mike Flanagan a confirmé que le projet demeurait vivant, tout en reconnaissant les difficultés juridiques et pratiques qui ralentissent son développement, comme il l'explique dans son entretien avec Entertainment Weekly. Le travail d'écriture continue, mais aucune date de diffusion n'est confirmée.
La question n'est pas anodine. La Tour sombre constitue peut-être l'une des tentatives les plus ambitieuses de Stephen King pour construire un univers littéraire dépassant les frontières d'une série traditionnelle. Roland de Gilead traverse un monde en décomposition, peuplé de références, de mythes et d'échos à d'autres œuvres de son créateur. La Tour elle-même devient progressivement bien davantage qu'une destination.
Comment adapter une telle construction sans la réduire à une succession de péripéties ?
Le cinéma s'y est déjà essayé en 2017, avec un résultat qui n'a pas convaincu une large partie des amateurs des romans. Une adaptation télévisée pourrait disposer du temps nécessaire pour respecter les personnages, les détours et l'architecture de l'œuvre. Mais le format ne résout pas tout. Encore faut-il accepter qu'une grande saga ne puisse être ramenée sans pertes à quelques intrigues spectaculaires.
Le 7 octobre, la nouvelle adaptation de Carrie par Mike Flanagan a été diffusée sur Prime Video. Ce projet, plus proche de l'horreur que de la fantasy, témoigne néanmoins de la relation privilégiée entre le réalisateur et Stephen King, qui a publiquement salué son travail.
Reste à savoir si le prochain grand rendez-vous sera réellement celui de Roland avec la Tour. Et pour une fois, espérons qu'on ne cherchera pas à raccourcir le voyage.
Une fantasy qui évolue sans oublier ses origines
Que retenir de ces semaines de rentrée ? Peut-être, tout simplement, que la fantasy demeure plus vivante et diverse que jamais, sans qu'il soit nécessaire de proclamer chaque année sa renaissance.
Ses lecteurs peuvent aujourd'hui passer d'une épopée héroïque à une romantasy, d'un roman d'inspiration historique à une dark fantasy brutale, puis revenir aux anciennes légendes qui ont nourri les premiers conteurs.
Le succès d'une tendance ne signifie pas la disparition des autres. La romantasy n'a pas remplacé la fantasy épique, pas davantage que la dark fantasy n'a rendu caduc le merveilleux traditionnel. Les frontières bougent, les lectorats se croisent et les œuvres dialoguent, parfois sans même le savoir.
Je crois que c'est une excellente nouvelle. Car la fantasy possède une liberté précieuse : elle peut raconter l'impossible tout en parlant très sérieusement de ce qui nous constitue. Le pouvoir, la mémoire, l'amour, la peur, la mort, la fidélité, la liberté et ce que nous faisons de notre histoire.
Les dragons, les enchantements et les épées légendaires ne sont, après tout, que des moyens. Et quels merveilleux moyens !
La chronique en vidéo : sept minutes pour prolonger la lecture
Pour retrouver en images les grandes questions soulevées par cette rentrée, voici une analyse audiovisuelle de la chronique : héritage des épopées, nouvelles voix et liberté du merveilleux.
Analyse vidéo réalisée avec NotebookLM à partir de cette chronique (6 min 56 s).
Le podcast : la fantasy moderne peut-elle s'affranchir de Tolkien ?
Pour prolonger cette réflexion autrement, voici une discussion audio consacrée à la place de Tolkien, à son héritage et aux nouveaux chemins empruntés par la fantasy contemporaine.

Podcast réalisé avec NotebookLM à partir de cette chronique (21 min 34 s).
Novembre et décembre 2026 : que nous réserve la fin de l'année ?
Si cette rentrée s'est montrée particulièrement généreuse, les deux derniers mois de 2026 ne devraient pas être en reste. Les programmes éditoriaux annoncés laissent entrevoir quelques retrouvailles intéressantes, notamment pour les amateurs de fantasy épique qui auraient pu craindre que les histoires de guerre, de magie et de royaumes tourmentés aient définitivement cédé la place aux amours contrariées des dragons et de leurs cavalières.
Les Héros — Joe Abercrombie La Lame des tempêtes — Danielle L. Jensen Le Sorceleur, L'Intégrale Thanedd — Andrzej Sapkowski
Trois parutions annoncées pour novembre 2026 : Joe Abercrombie, Danielle L. Jensen et Andrzej Sapkowski. Couvertures : Bragelonne.
Chez Bragelonne, le mois de novembre s'annonce notamment sous le signe de Joe Abercrombie, avec une nouvelle édition de poche des Héros prévue pour le 12 novembre. Voilà un auteur qui a largement contribué à renouveler la fantasy guerrière, en présentant des personnages dont la morale, souvent incertaine, n'empêche nullement une remarquable humanité. Chez Abercrombie, la guerre a ceci de particulier qu'elle transforme rarement les hommes en héros, mais beaucoup plus souvent en survivants. Une nuance que les grandes épopées classiques ne dédaignaient d'ailleurs pas toujours.
À cette même date, l'éditeur prévoit La Lame des tempêtes, sixième volume du Pont des tempêtes de Danielle L. Jensen, ainsi qu'une édition de poche de L'Ange de la Nuit : Némésis de Brent Weeks. Ce voisinage éditorial illustre assez bien la variété de la fantasy actuelle, capable de faire cohabiter des récits de vengeance, des intrigues sentimentales et des univers où la magie se paie généralement assez cher.
Le 18 novembre devrait également voir paraître plusieurs nouvelles éditions consacrées au Sorceleur d'Andrzej Sapkowski, notamment une intégrale collector du cycle de Thanedd. Voilà une autre illustration de la manière dont les grandes sagas continuent de vivre, parfois bien au-delà de leur première publication. Les adaptations vidéoludiques et télévisuelles ont considérablement élargi le public de Geralt de Riv, mais les romans conservent une identité littéraire qu'il serait dommage de réduire à celle de leurs déclinaisons audiovisuelles.
En décembre, c'est notamment la fantasy francophone qui retiendra mon attention avec la publication annoncée, le 2 décembre, d'une intégrale du premier volume des Gardiens de Ji de Pierre Grimbert. Une occasion bienvenue de rappeler que la fantasy française possède elle aussi ses cycles, ses traditions et ses grands univers, sans devoir systématiquement regarder outre-Manche ou outre-Atlantique pour trouver ses références.
Du côté des adaptations, le chantier de La Tour sombre restera certainement l'un des dossiers à suivre. Il faudra toutefois se garder de transformer les intentions de Mike Flanagan en promesses de diffusion. À ce jour, aucune mise en production définitive ni aucun calendrier de sortie ne sont annoncés. Les difficultés d'adaptation d'une œuvre aussi considérable méritent probablement mieux qu'une précipitation industrielle.
Plus largement, la multiplication des projets audiovisuels inspirés de romans fantastiques pose une question qui ne cessera de revenir : la télévision est-elle devenue le nouveau territoire naturel des grandes sagas littéraires ? Elle possède incontestablement un avantage sur le cinéma, celui du temps. Mais une série de dix épisodes n'est pas nécessairement plus fidèle à un roman qu'un film de deux heures. Tout dépend, finalement, de ce que ses auteurs choisissent de conserver.
Enfin, une dernière tendance mérite d'être surveillée. L'édition indépendante poursuit son développement, tandis que les réseaux sociaux et les plateformes de lecture participent de plus en plus directement à la découverte des ouvrages. Cela pourrait favoriser l'émergence de nouvelles voix, mais aussi accentuer la dépendance des auteurs à des mécanismes de visibilité dont les règles leur échappent largement.
À l'approche de 2027, j'observerai donc avec intérêt trois évolutions : la capacité de la fantasy épique à conserver sa place, la diversification des lectorats et la manière dont les adaptations audiovisuelles influencent désormais la vie commerciale des œuvres originales.
Et puis, il restera toujours cette merveilleuse possibilité : découvrir, au détour d'une librairie ou d'une petite maison d'édition, un auteur dont personne ne parle encore et qui, pourtant, possède un monde entier à nous offrir.
C'est aussi pour cela que j'aime la fantasy. Ses univers peuvent disparaître, ses héros mourir, ses empires s'effondrer et ses dieux tomber dans l'oubli. Mais quelque part, dans l'esprit d'un auteur qui n'a peut-être encore jamais publié une ligne, un nouveau monde est déjà en train de naître.
Rendez-vous en décembre pour notre prochaine chronique.
Benoît J. Caron, 17 octobre 2026
Sources et références
Pour les parutions en français : Bragelonne, catalogue et prochaines parutions, catalogue de septembre et octobre.
Pour les parutions anglophones : Tor Publishing, The Thrice-Bound Fool et Penguin Random House, Blacktail.
Pour les adaptations et l'édition indépendante : Entertainment Weekly, entretien avec Mike Flanagan, Prime Video, Carrie et Le Grimoire Indé.
Pour prolonger la lecture sur ce site : Fantasy ardennaise : l'Ardenne, un monde de légendes sans frontières, Qui est Maugis d'Aigremont ? et Alcuin d'York, celui qui apprit à penser à l'Empire.
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